Deux médecins spécialistes ont été condamnés ce mercredi par le tribunal correctionnel de Moulins à des peines de prison ferme pour homicide involontaire après le décès d'un patient grièvement brûlé. Le 31 juillet 2004, Patrice Canonne, un ouvrier
de 40 ans, avait été admis à la clinique Saint-Odilon de Moulins après
un accident du travail, alors qu'il posait un revêtement dans la
piscine de rééducation de l'établissement. Sous l'effet d'un chalumeau, les émanations du pot de colle avaient
provoqué une explosion le brûlant grièvement aux jambes et aux bras.
La victime avait agonisé durant 5 jours avant d'être évacuée aux
urgences de l'hôpital de Moulins alors que, selon les experts, elle
aurait dû être immédiatement prise en charge dans un centre de grands
brûlés. Les deux médecins qui l'ont soignée, le Dr Jean-Paul Briat, 66 ans, spécialiste en chirurgie digestive, et le Dr Philippe Dumontier, un orthopédiste de 58 ans, ont été respectivement condamnés à 3 ans de prison dont 18 mois avec sursis pour l'un, et 3 ans de prison dont 2 ans avec sursis pour l'autre. C'est très léger je trouve, pour avoir laissé un homme agoniser dans des conditions inhumaines.
Le procureur avait requis pour chacun d'eux un an avec sursis et 20 000 € d'amende. Un an de sursis, le prix d'une vie! Finalement, c'est la clinique qui a été condamnée en tant que personne morale à 20
000 € d'amende pour "manquement aux règles d'hygiène et de sécurité".
L'employeur de la victime a écopé pour sa part de 10 000 € d'amende. Au
cours de l'audience, le Dr Briat, qui avait prescrit de la
morphine, a reconnu "sans doute un défaut de coordination" avec son
collègue. La famille avait exprimé son inquiétude au personnel médical
dans
les jours suivant le drame, alors que la température du blessé qui
peinait à respirer était montée à 41°C, mais n'avait pas pu rencontrer les médecins.
Lors de l'audience, l'avocate de la famille, Maître Mercier-Rayet, avait
dénoncé une médecine à deux vitesses, estimant que "s'il n'avait pas
été un simple ouvrier, il aurait certainement eu droit à plus d'attention". Comme on pouvait le craindre, les deux médecins ont
annoncé leur décision de faire appel. De quoi nous convaincre, s'il en
est encore besoin, que ce sont toujours les mêmes problèmes qui
reviennent, car ceux qui pourraient prendre des mesures ne le font pas
et les autres ne parviennent pas à se faire entendre. Désinvolture, je
m'en-foutisme et indifférence: décidément, rien ne change et rien ne
changera jamais.
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