Pourquoi les médecins des hôpitaux sont-ils autorisés à prendre des
décisions seuls en France? On sait pourtant bien que deux avis valent
mieux qu'un! Ne pourrait-on pas opter pour une structure collégiale
comme c'est le cas en Allemagne, afin d'éviter un grand nombre
d'erreurs inhérentes au choix du protocole à mettre en oeuvre? Ne
serait-il pas préférable pour tous que les médecins soient notés par
les patients via un questionnaire de la sécurité sociale, et que leur
classement soit rendu publique afin d'être consultable, pour que seuls
les meilleurs praticiens puissent être sélectionnés?
Combien de fautes et de décès
faudra-t-il encore avant qu'on rende au patient ses droits dans la
pratique? Celui de décider pour son propre corps de ce qui doit être opéré ou
non, celui de choisir sa thérapie lui-même et de pouvoir refuser un
médicament lorsqu'il le rend encore plus malade qu'il ne l'est déjà. Le droit
de donner son avis sur l'efficacité d'un traitement, d'orienter les
analyses en fonction des symptômes que lui seul ressent, et d'être
renseigné sur les conséquences de tel traitement ou de tel acte. Le
droit pour chacun de pouvoir rappeler aux médecins tout puissants cette
vérité lorsque cela s'avère nécessaire: Mon corps n'appartient qu'à moi.
Il me semble que
ce problème de société devrait être rendu prioritaire. Il en va de la
survie de l'être humain. Qu'y a-t-il de plus important dans la vie que
la vie elle-même? Certes pas les intérêts des banques. Ca se saurait.
Tant que les lois ne seront pas modifiées, les choses ne changeront
pas. Je ne demande pas la constitution d'un énième fonds
de secours ou d'indemnisation qui serait approvisionné par l'Etat alors qu'il n'en a plus les moyens. Je trouverais plus
normal que les responsables payent. Je veux dire, qu'ils payent sur
leurs deniers personnels, et non pas sur ceux de l'hôpital, et encore moins sur ceux de l'Etat:
c'est complètement injuste que les victimes payent deux fois!
Quand on
casse un objet dans un magasin, il faut le rembourser. Qu'on l'ait fait
exprès ou pas. On fait attention parce qu'on le sait. Chacun doit
réparer ses erreurs. Alors seulement on pourra peut-être espérer un
regain de responsabilisation générale, et la médecine ne s'en portera
que mieux. Ne resteront que ceux qui pratiqueront la médecine par
vocation et qui accepteront de mettre leur savoir à la disposition de
leurs patients pour leur permettre de trouver les solutions qui leur
conviennent. Au lieu de cela, ceux qui osent dénoncer le système sont orientés en psychiatrie, parfois même internés contre leur gré. Le patient sera-t-il un jour enfin considéré comme un
client qui se respecte?
Les statistiques évoquent les victimes qui ont réussi à briser le mur
du silence. Un nombre infime, comparé à toutes les affaires étouffées
ou restées dans l'ombre des couloirs d'hôpital et des salons de
cabinets privés. Qu'en est-il des autres, celles dont on ne parle pas?
Celles qui, plongées dans la dépression, l'alcool ou la souffrance,
n'ont plus la force d'effectuer la moindre démarche? Celles qui, usées
par un coma ou par la maladie, passent leurs journées sur un lit dans
un état de survivance? Celles qui sont déjà mortes? Celles qui ne
savent pas se défendre? Celles qui n'ont pas les moyens financiers de
rétablir leurs droits? Celles qui se croient seules dans leur cas?
Celles qui ont eu recours à la justice et se sont vues déboutées faute
de preuves?
Malgré la popularité d'internet, les citoyens
victimes d'erreurs médicales sont encore bien petits, seuls et
silencieux. Surtout quand ils sont passés de l'autre côté du tunnel,
partis avec leurs lourds secrets. Ceux et celles qui les côtoient
savent ce qu'ils doivent endurer pour assurer leur simple survie au
quotidien. Pour les familles, l'erreur fatale commise en l'espace de
quelques minutes par un étranger devient un combat de chaque instant,
pendant que d'autres poursuivent paisiblement leur route en toute
impunité, comme si rien ne s'était produit. Liberté, égalité, fraternité. Elle est belle, notre justice.
Il serait profitable aux victimes d'erreurs médicales de
pouvoir obtenir l'appui de médias indépendants pour relayer leur cas.
Bien souvent, les documents médicaux et légaux deviennent les seuls
témoins de ces affaires
lorsque survient un accident ou un décès
suspect. Il me paraîtrait aussi normal qu'elles puissent bénéficier de l'aide
juridictionnelle automatique et immédiate, sans conditions de revenus. Qu'en est-il en
réalité? C'est à elles de faire la preuve de leur bonne foi et de trouver l'argent nécessaire. Elles se
retrouvent seules face à des personnages puissants regroupés en lobbys,
protégés par l'Ordre des médecins ou le pouvoir politique. Elles n'ont pas vraiment de recours.
Il existe bon nombre d'associations mais elles sont souvent dans la même impuissance que nous. Alors malheureusement, la plupart ne se défendent pas. Ce n'est pas donné à tout
le monde de braver la lourde machine administrative. Tout comme ce
n'est pas donné à tous d'entreprendre de son vivant des procédures
judiciaires complexes, épuisantes et coûteuses, autant financièrement
que moralement, sans jamais être sûr du résultat. Déjà affaiblis par la
maladie, le deuil ou le handicap, les rares courageux prêts à se
lancer dans cette douloureuse aventure n'obtiennent hélas pas toujours
satisfaction. En ce jour de manifestation nationale, il était important de le rappeler.
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