Quelle différence y a-t-il entre l'avortement, l'euthanasie et la peine
de mort? Si l'avortement est un droit et puisque la peine de mort
a existé, comment peut-on encore interdire l'euthanasie? Certes, la
peine de mort a été abolie par Mitterrand en 1981, mais elle a bel et
bien existé durant des siècles. Notre société
n'avait alors pas beaucoup d'états d'âme à décider de la vie ou de la
mort d'un supposé coupable. Aujourd'hui, elle refuse à des
personnes innocentes de décider pour elles-mêmes de la manière et du
moment.
Les
moyens d'administrer
la mort sont nombreux, parmi les plus
"civilisés": les injections. Pour ménager la sensibilité des
bourreaux, on fait en sorte qu'aucun d'entre eux ne sache qui a
administré la
dose létale. On trouve même des kits d'euthanasie en Suisse. On peut
être pour ou contre, chacun a le droit d'avoir ses convictions. Mais
chacun a aussi le droit de ne pas avoir envie de terminer dans des
souffrances abominables. C'est surtout cela qui fait peur dans la mort.
Ce n'est pas tant de partir que de ne pas savoir comment ni dans
quelles conditions. Ce n'est pas tant de devoir se séparer des siens,
que de savoir que vous serez seul avec votre souffrance car personne ne
vous aidera.
Au nom d'une morale chrétienne totalement dépassée et d'une
hypocrisie sans fin, nos pouvoirs publics préfèrent laisser
agoniser les malades en fin de vie pendant des semaines ou des mois,
voire des années. Ce qui est bien pire que la guillotine parfois. Lois
anti-euthanasie, hôpitaux surpeuplés, médecins inhumains,
pénurie d'infirmières... Je sais pas vous, mais moi ça m'angoisse
énormément. Ca devient dangereux de vivre en France. Imaginez que
vous trébuchiez
sur le trottoir et que votre tête heurte le sol. Appel des secours,
transport à l'hôpital, même pas le temps de prévenir votre famille ou
d'annuler vos rendez-vous...
A l'hôpital, on vous laisse
patienter toute la journée dans un couloir bruyant parce qu'il n'y a
personne pour s'occuper de vous. Vous perdez connaissance. Puis on vous
laisse dans le coma
pendant plus de 10 ans avant d'accepter de vous débrancher sur ordre de
justice. Ou alors on s'emploie à vous réanimer afin de faire de vous un
légume. Tout le monde
vous croyait perdu. La réalité est encore pire: vous n'avez plus ni
amis, ni travail, ni envie de vivre. Et vous souffrez le martyr au
quotidien dans votre corps. Mais ça,
personne ne le sait car vous ne pouvez plus vous exprimer, ni manger
seul, ni vous tenir debout. Dehors, la vie continue. Sans vous.
Vous
vous retrouvez comme un insecte pris au piège. Je fais référence à la
fin tragique de Jean-Dominique Bauby , atteint de Locked-in Syndrom,
telle qu'il l'a racontée dans son livre Le scaphandre et le papillon.
Vous voulez regarder la télévision mais on vous l'éteint sans vous
demander votre avis. De toute façon, vous ne pouvez plus répondre. Vous
voulez manger de la soupe car vous avez mal quand vous mastiquez mais
on vous sert de la viande trop cuite. De toute façon, vous n'avez pas
faim. Vous voulez mourir mais on vous maintient en vie. De toute façon,
vous êtes déjà mort. Non, non: c'est trop risqué, décidément. Si je
dois trébucher, je
ne veux pas le faire en France. Je vais me renseigner de ce pas pour
savoir dans
quels pays d'Europe on trébuche le mieux.
http://www.lepost.fr/article/2008/03/29/1174157_en-suisse-on-peut-acheter-un-kit-euthanasie.html http://www.lepost.fr/article/2009/02/19/1429571_l-euthanasie-en-europe.html
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